Le Laguna 760, puissant, élégant, le luxe du bateau électrique, proposé par Ruban Bleu.
All Boats Avenue consacre un sujet en quatre volets, sur les bateaux électriques. Nous tenterons, à travers ces différents thèmes, d’aborder et d’apporter des réponses aux questions que l’on se pose parfois, sur le devenir de cette navigation dite ‘verte’, à savoir : le marché, les tendances, les innovations, le coût, et quels sont les pays leaders dans ce domaine.
1/ LES BATEAUX ELECTRIQUES : ETAT DES LIEUX
Historique :
Le moteur électrique a été créé par l’américain Joseph Henry en 1830. Quelques années plus tard, Thomas Davenport, un américain d’origine écossaise, construisit le premier véhicule électrique utilisable. Force est de constater que nous n’avons rien inventé, mais amélioré ce qui était déjà. En effet, l’histoire concernant la navigation nous démontre que tout a commencé vers 1839, avec l’Allemand Jacobi, qui propulsera à l’aide de très grosses batteries et pour la première fois, un bateau électrique sur la Neva (un fleuve de Russie occidentale). De cela, l’engouement pour la motorisation électrique va stimuler une pléiade de chercheurs et d’hommes d’affaires, et la découverte de Gaston Plante qui conçut les piles rechargeables en 1859, permettra à l’ingénieur Gustave Trouvé (chimiste et inventeur parisien) de mettre au point, en 1881, le premier bateau électrique.
L’électricité de ce prototype était produite par un jeu de piles au bichromate de potasse, placé au milieu du canot, relié à deux câbles souples qui transmettaient le courant au moteur tout en servant à manoeuvrer le gouvernail. Dès 1884, juste après l’exposition Internationale d’électricité de 1881, qui se déroulait à Paris, les frères Tissandier s’élevaient au dessus de Paris dans un dirigeable, muni d’un moteur électrique où ils se livraient à quelques manœuvres puis se laissaient dériver sur un trajet de 25 km. En 1886, on voit apparaître en Angleterre un premier «taxicab» électrique.
Dès lors, la propulsion électrique, propre et silencieuse, apparaît à tous comme la voie de l’avenir.
Une autre énergie propre, va faire parler d’elle, et permettre aux embarcations à moteurs électriques de prolonger leur autonomie de fonctionnement, tout en restant silencieuse et propre, et qui s’avèrera être un allié des plus précieux, c’est l’énergie solaire.
Sa particularité est de convertir en énergie électrique, par l’intermédiaire des cellules photovoltaïques (panneaux solaires), de l’électricité qui alimente un moteur électrique ou recharge une batterie. Sa première application minimaliste grand public, remonte à la fin des années soixante-dix, lorsque apparut la première calculatrice LCD de poche solaire. On peut constater le chemin parcouru, depuis, à l’image du « solar glisseur » de Roger Martire, premier bateau solaire Français, présenté au Salon nautique international de Paris en 1982..…
Qu’en est-il exactement des embarcations à moteur électrique? :
C’est aux États-Unis, qui comptent de nombreux lacs, suivis bientôt par la Grande Bretagne, que le bateau électrique connaîtra au début des années 80 un véritable renouveau, avant de se développer en Europe Continentale, à commencer par la France, qui occupe, depuis, le deuxième rang européen de bateau électrique commercial, devant la Suisse et l’Autriche.
Ils incarnent une véritable innovation :
Un marché, certes, qui reste encore étroit, mais qui enregistre néanmoins, depuis cinq ans, des taux de croissance annuels à deux chiffres, en s’appuyant notamment, sur la prise de conscience de certaines mairies, qui adoptent de plus en plus l’énergie propre, comme Marseille, qui lancera un nouveau Ferry boat électro-solaire en 2010, pour assurer la traversée du Vieux Port, ou la Rochelle, qui, depuis mai 2009, a remplacé ses bateau-bus à gasoil, par deux navires à propulsion électro-solaire, ou encore à l’image de l’Aquabus solaire inauguré à Berlin, en aout 2009, le « Solon », un catamaran cabiné, disposant d’une capacité de 60 à 85 passagers et spécialement conçu pour le transport lacustre et maritime de passagers pour les exploitations professionnelles et touristiques. Sans oublier le dynamisme des constructeurs, dont la majorité d’entre eux est représentée par de jeunes entreprises audacieuses et innovantes, comme le chantier Naviwatt à Saint-Gildas-de Rhuys (56) qui a présenté récemment un petit trimaran de 5,70m, le Zéphyr, propulsé électriquement, conçu et réalisé par Yannick Wileveau.
Dans le domaine de la course au large, parmi les exemples à suivre, citons le skipper Raphael Dinelli, très sensible à la protection de l’environnement, qui en 2004, teste des panneaux solaires et n’utilise que 60 litres de carburant en 4 mois de navigation, et utilisera pour son Vendée Globe 2008, une éolienne à axe vertical sur “Fondation Océan Vital”.
Le précurseur est sans nul doute le Sun 21, premier catamaran solaire de haute mer.
Vidéo Présentation du catamaran solaire Suisse “Sun21“.
A savoir :
Le “Sun21″ est un catamaran de 14 mètres de long, propulsé exclusivement par l’énergie solaire. Durant l’hiver 2006/2007, le navire a entrepris la première traversée motorisée de l’Atlantique, sans une goutte de combustible. Le “Sun21″ est arrivé le 8 mai 2007 à New York, après avoir parcouru 7000 milles marins. La puissance moyenne utilisée a été de 2 kW pour une vitesse d’environ 4 nœuds, fournissant une puissance 2,7 ch. L’aventure du “Sun21″ a été rendue possible par l’association Transatlantic21. L’association a ensuite offert le catamaran solarie au WWF Adena/Madrid, où l’embarcation est utilisée pour des recherches.
Ce trajet sera un nouveau record et démontrera l’immense potentiel de l’énergie solaire pour la navigation. Il fournira également un nouvel élément pour la percée définitive des énergies solaires et renouvelables.
Une navigation respectueuse de l’environnement:
Tous ces acteurs, chercheurs, décideurs, créateurs, designers, architectes, constructeurs, représentants du secteur naval, tentent de relever le défi, comme Raphaël Domjan, ce navigateur suisse qui s’élancera en 2010, pour un tour du monde en bateau solaire, une boucle de 40 000 kilomètres sur PlanetSolar, un catamaran propulsé à l’énergie solaire. Une première mondiale pour cet ingénieur de 36 ans, qui confirme la possibilité de naviguer autrement.
La voiture n’est plus la seule à bénéficier de technologies dites propres pour réduire la pollution : le bateau aussi.
Durant quatre semaines, l’équipe de All Boats Avenue a décidé d’ouvrir un dossier spécial sur les bateaux à propulsion électrique. Nous vous présenterons, chaque semaine, dans un schéma cohérent et impartial, l’intérêt que suscitent ces nouveaux concepts dits « écologiques » très en vogue, qui équipent nos bateaux, les propulsent, et leur font même traverser les océans.
Part.1 “Etat des lieux”
Part. 2 “De la conception à la construction”.
Part. 3 “Les moteurs électriques”.
Part.4 “L’énergie”
